Suite à ma rencontre avec Monsieur Sonny Rollins himself, j’étais bien ennuyée :

« Alors là ma vieille, va falloir assurer après ça … ! »

Du coup, j’ai pris un peu de temps pour réfléchir à la suite des évènements …

Dans ma tête, je ne vous raconte même pas ; le brainstorming géant (au moins « tout ça » sur l’échelle synoptique).

Une célébrité, vedette… Vedette : La « Mère Denis » ? Liste des « abonnés absents » ; spectaculaire certes mais très improbable (et pour cause).  Laisse tomber ! On reprend… Sonny Rollins, la barre est haute ! Barre… Obstacle… Franchir l’obstacle… Se dépasser… Champion … Sergueï Bubka ?

Nan mais n’importe quoi, tu tends la perche pour te faire battre là ma grande ! On se concentre : Célébrité… Vedette… Star … Voyons voir …

Et soudain : l’illumination, l’éclair de génie, l’ampoule qui s’allume dans le cerveau :

«  Une star internationale ? Eurêka ! Rah-rah-ah-ah-ah-ah ça sera Lady Gaga !!! »

En y repensant c’est qu’évident d’autant qu’on a plus d’un point commun la Lady et moi …

Par exemple, on a vite compris que, quoi qu’on en dise, l’habit fait le moine dans notre jolie société où la plupart des gens ne s’arrêtent qu’à ce qu’ils voient, sans forcement chercher plus loin…  Chacune à notre façon, assumons,  avec fierté, ce physique  particulier,  qui au fil des années a fait notre renommée.

Bon, c’est vrai qu’au niveau du choix du costume de scène, même si parfois elle charge franchement le mulet,  elle a été bien plus judicieuse que moi, la Gaga.  Si elle veut aller à la boulangerie incognito, il lui suffit de laisser perruques et tenues extravagantes au placard alors que pour la Monica sortir sans ses roulettes, ça relève carrément de l’exploit …

Quand parfois, mon costume se fait un peu trop lourd à porter, je repense à une Gagaterie : “When I wake up in the morning, I feel just like any other insecure 24-year-old girl.  Then I say, ‘You’re Lady Gaga!  You get up and walk the walk today.”  Rolling Stone (2010)

Merci Gagagourou de nous faire entendre ta voix pour nous  montrer la voie et très souvent, une grande partie de ton anatomie, par la même occasion.

Tu ne m’en voudras pas si je ne me lève pour « marcher la marche » mais grâce toi, je me remotive, le matin au réveil, en me disant : « Tu es Miss Monica quoi ! Remue-toi et prends ton courage à deux roues aujourd’hui. »

Ah ça c’est fou ce qu’elle m’inspire cette fille là … Lady Gaga me voilà ! 

Mais où pourrais-je  donc la trouver ?

Pour une star d’une telle envergure, c’est la « Ville Lumière » minimum.

De nouveau, la tempête dans le ciboulot   :

« Bon c’est l’hiver… Il ne faudrait pas que la Lady s’enrhume … Un endroit climatisé … Il n’y a qu’à chercher les caméras (jamais bien loin) … Et si j’essayais un plateau de télévision ? »

Ok c’est décidé : destination Paris.  Aussi tôt dit, je passe en mode « planification de l’expédition ».

Une fois la question des billets de train réglée, je contacte une société de taxi pour réserver un véhicule aménagé qui nous conduira à la gare, mes roulettes et moi.  Au téléphone, je me présente  et j’explique que les raisons de mon appel   :

« -      Bonjour, je m’appelle Monica Roulettes et je souhaiterais me rendre à la gare demain, très tôt dans la matinée. C’est possible ?

-         Tout à fait ! Cette personne a déjà fait appel à nos services ? : me demande la programmatrice

-         Oui mais il y a longtemps. Le transport, c’est pour moi madame. : ma réponse me semble claire.

-         Cette dame est bien dans nos dossiers mais je pense qu’elle a été archivée. Il faudra rappeler pour savoir s’il faut refaire son inscription. : reprend la femme au bout du fil.

Je n’essaie même plus de lui faire assimiler que je suis l’intéressée. Je me contente de lui demander :

-         Et pour le transport ? Je sais qu’il y a des délais à respecter, on peut déjà le programmer ?

-         Il faudra rappeler. : insiste-t-elle.

-         C’est ça, on lui dira ! : que je rétorque, avant de raccrocher. »

Ce n’est pas que l’attitude de la standardiste m’ait énervée nan, nan, il faut la comprendre. Elle a dû se dire :

« La dame au téléphone, elle s’exprime trop bien, c’est pas possible qu’elle soit handicapée, le transport c’est pas pour elle … (CQFD) ».

Remarquez, je suis habituée. Phénomène inexplicable : depuis l’enfance, certains utilisent  la 3ème personne (très singulier) lorsqu’ils me parlent. Ça donne un truc du   genre :

« Alors, elle a bien dormi ? Elle ne veut pas dire au docteur où elle a mal ? On met son écharpe, faudrait pas qu’on attrape froid surtout ! »

Autre variante somme toute très usitée : s’adresser à un tiers  ou l’interroger à mon sujet en faisant abstraction de ma présence :

«-  Comment elle s’appelle ? Mais qu’est-ce qu’elle a exactement ? Ça ne la dérange pas si on fait plutôt comme ci ou comme ça ? ».

« Elle a que tu lui fous les nerfs en pelote à la prendre pour une tête de linotte … ». Mais ça je le garde pour moi, c’est mieux pour mon karma. A passer pour une hystérique, on m’enverrait surement me reposer à l’hôpital psychiatrique.

A ce propos, longtemps j’ai cru que je m’appelais Elle (McPersonne…). A l’instar de la star précédemment évoquée, il m’arrive encore de souffrir, bien malgré moi, de petits troubles  de la personnalité.

Je sens que je m’égare là, revenons plutôt à nos wagons.

Le jour J, je me rends à la gare par mes propres moyens. Une fois sur place, je fonce directement chez « les gilets rouges ». Quand on a des roulettes, on n’y déroge pas, passage obligé par la case  « Accès plus».

C’est simple, à  chaque fois, j’ai l’impression de débarquer au Pays Magique des petits lutins rouges (autrefois bleus : pareil que les  Schtroumpfs) qui s’agitent joyeusement :

« Bonjour ma petite dame ! C’est vous qui allez à Paris ? Ne vous inquiétez pas, on s’occupe de vous, on s’occupe de tout… »

C’est bien ce qui me fait peur  !  C’est pas que je n’aie pas confiance mais, je connais l’étendue de leurs compétences. Déjà il faut être là vingt minutes minimum avant le départ pour être sûr qu’ils ne soient pas trop débordés. Ils sont prévenus dès le jour de la réservation mais il ne faudrait surtout pas les prendre par surprise :

« On fait les vérifications d’usage et on y va, ma petite dame ! »

Officiellement, les lutins vérifient, l’heure et le quai d’arrivée du train.  Officieusement, il n’y a guère que la loco qui se motive.  Les « gilets rouges » eux tirent à la courte-paille pour savoir qui va se dévouer, avant de donner le signal :

« C’est parti, ma petite dame !  »

Moi, j’essaie toujours de sympathiser juste pour d’être certaine d’arriver à destination et histoire de rester dans leur mémoire, au moins dix minutes après mon départ. Dix minutes, c’est le temps qu’il leur faut pour prévenir les collègues lutéciens que je suis bien dans le train (il ne faut pas se leurrer, passé ce délais, c’est oublié)  :

« - Pascal, c’est un fauteuil électrique. On n’a pas vérifié : la plateforme, elle est où ? : lutin n°1

-         Ah merde ! Je vais … Ah non c’est bon elle est là. : lutin n°2

-         Vire la plateforme. C’est un TGV équipé du nouveau système (monte-charge intégré …), pas besoin. T’as la clé ? : lutin n°1

-         Nan mais on va faire à l’ancienne, madame, c’est un poids-plume ! : lutin n°2

A ce moment précis, généralement, j’interviens :

-         Le fauteuil est très lourd, vous risquez de vous faire mal (ou d’endommager mon engin, bande de « lutins malins ». Je dis ça, je ne dis rien, c’est pas comme si ca n’était arrivé).

-         On va chercher la clé. Ne vous inquiétez pas,  On revient tout de suite (un « tout de suite » très relatif)  ma petite dame ! : lutin n°1

-         Bernard, v’là le chef de gare, il en a une de clé. Demande-lui. : lutin n°2
-          …
-         Voilà, elle est dans le train la petite dame !  On prévient les collègues de Paris:lutin n°1

-         Bon voyage ! : lutin n°2 »

-         Au revoir messieurs et merci (pour la ballade) ! : dis-je.

Je les remercie parce que jusqu’ici, mon périple commence bien. C’est pas toujours le cas, croyez-moi. Une fois, les petits bonhommes rouges m’avaient fait monter dans un train de marchandises qui était resté à quai. Ces derniers m’avaient abandonnée là ; jusqu’au moment où, prévenus pas un homme que j’avais héler et qui m’avait miraculeusement entendue,   ils  étaient venus me récupérer et avaient fini par me faire appeler un taxi (forcement ça faisait belle lurette que mon train était parti). C’est ma faute aussi : les crochets de boucher installés dans le compartiment auraient dû me mettre la puce à l’oreille. J’avais demandé et on m’avait répondu : « C’est normal… ».

C’est vrai que depuis cet épisode (très grand moment de solitude), je suis devenue un tantinet méfiante. Du coup, moi aussi, j’ai pris l’habitude  de  « checker »  ma propre liste de vérifications :

Horaire : Ok !

Destination : Ok !

Usagers dans le wagon : Ok !

Train qui roule : Ok !

Tout est Ok : Paré au décollage !

Maintenant, je peux me détendre et profiter du paysage …

Je suis là à rêvasser mais il y a quand même un truc qui continue à me titiller : ça se passe trop bien, c’est pas normal…

Au passage du contrôleur, juste histoire de me rassurer,  je lui demande :

-         Excusez-moi, Monsieur, ce train s’arrête bien à Paris ?

-         Oui, nous y allons effectivement. : me répond-il.

Je pousse un ouf de soulagement avant de préciser, inquète :

-         Gare du Nord ?

-         Ah non chère Madame ! Ce train dessert les gares Charles de Gaulle et Marne-la-Vallée/Chessy, puis Lyon-Pardieu… Mais ne vous inquiétez pas,  ils sont prévenus en Gare de Chessy : me dit l’homme au poinçon.

Un peu que je m’inquiète. Un peu angoissée, j’arrive à peine à articuler :

-         L’ennui, c’est que c’est à la Gare du Nord qu’on m’attend ! :

-         Ah bah désolé chère Madame, il faudra voir ça avec eux (entendez par là les lutins agités du grelot qui se sont plantés). C’est un service privé maintenant, la SNCF ne gère pas …

Ne cédant pas à la panique, j’appelle ma copine Pamela, elle est sensée me récupérer à mon arrivé, pour l’informer ce petit changement de programme :

« - Vous êtes bien sur le répondeur de Pamela. Merci de laisser un message après le bip qui fait bip-bip, le coyote (ma copine c’est une rigolote) !

-         Salut Pam, c’est Monica ! On devait se retrouver Gare du Nord mais suite à un petit contretemps, pourrais-tu venir me chercher à Chessy plutôt ? J’arrive vers 11h00… Merci à tout à l’heure. »

Pam, elle passe sa vie en maillot, surveillante de baignade c’est ça son boulot. Des fois, pour dépanner, elle transporte des personnes à roulettes, d’un point A à un point B (le reste de l’alphabet  après, c’est compliqué…) : « Y a trop de  la place dans  mon pick-up  tout jaune ! » : comme elle dit. Le jaune c’est sa couleur préférée, ça lui rappelle, sans doute le soleil de Californie …

L’ennuie avec Pam : c’est que parfois, elle donne l’impression d’avoir de l’eau dans les oreilles, elle n’écoute pas toujours. En plus, elle est vite débordée. Elle patauge, elle patauge. Quand tu fais appelle à elle, tu sais qu’il va falloir ramer pour arriver à bon port. Mais bon, Pam elle est sympa,  on ne lui en veut pas. Elle rend service. Heureusement qu’elle existe parce qu’avoir des roulettes à Paris, c’est, comment dire, un peu galère …

Au moment où je me crois en partance pour la bonne ville de Lyon, j’aperçois le lutin lutécien, tout de rouge vêtu, qui vient à ma rencontre pour me faire descendre du train. En théorie,  je n’aurais jamais dû me retrouver là mais lui au moins, a le mérite y d’être :

« - Bonjour jeune fille ! Alors on va voir Mickey ?

Sympa le comité d’accueil mais bon de grâce,  j’ai pas deux ans non plus. Comme il me prend un peu pour une conne, il a le droit à une réponse des plus laconiques :

-         Non : Lady Gaga !

Souvent, je dois préciser que je ne suis pas gaga. C’est fou, cette tendance qu’on a à nous confondre elle et moi : « T’es gaga où quoi ? Bah non, pourquoi ? »

Je retrouve Pam devant la gare :

«  – Salut la miss ! Bein alors il est pas avec toi Pluto ? » : s’étonne-t-elle.

Quelle « dingo » cette Pamela. Wouaf, wouaf :  elle me fera toujours rire !

La journée se poursuit ; au programme : périf,  embouteillages et tutti quanti. Cela dit, on fini quand même par arriver à La Plaine Saint-Denis (je savais que Gaga  avait escale dans les fameux studios de télévision, pour enregistrer y une « émission spéciale »).

En passant devant le Studio 128, on voit un petit écriteau sur lequel est indiqué : « Enregistrement Lady Gaga : Studio 227 ».

D’un seul coup, la pression monte :

-          Super on sait où est Gaga mais je ne sais toujours pas comme je vais faire pour rencontrer la Lady ! T’imagines si …

Pam me stoppe tout net :

-         Taratata, ma roulette ! On s’emballe pas. Tu es Miss Monica, je te rappelle. Tu crois toujours que tout va mal tourner. Arrête de te mettre des battons dans les roues parce que sinon tu n’iras jamais bien loin.

Devant une porte dérobée du Studio 227, un homme est en faction. Derrière lui, on peut lire : « Staff Only » :

Le plus naturellement du monde, c’est précisément là que Pamela choisit de se garer :

-         Terminus, tout le monde descend ! : dit-elle ironiquement.

-         Mais Pam… Qu’est-ce que tu fais ?

-         Laisse faire… Ne dis rien, je gère ! : affirme la jeune femme peroxydée.

Avant de sortir du véhicule, elle récupère, dans mon sac à main, le macaron G.I.C pour « stationner en toute légalité ».

Un fois à la porte, Pam s’adresse directement au vigil :

-         Bonjour bel étranger (un sacré numéro cette Pamela). On m’a dit de déposer cette personne ici. Elle doit rencontrer je ne sais pas quel artiste … Il parait qu’elle est attendue … J’ai pas tout compris : une histoire de « Little Monster », un truc comme ça. Laissez-moi réfléchir. Gogo… ? Gugu ? Gaga !!! Voilà c’est ça : déclare-t-elle en se tortillant langoureusement.

-         Quand même, la dame, elle ressemble un peu à Sherk mais dire que c’est un monstre ; c’est abusé franchement ! : plaisante le garde.

Apparemment, très sensible aux charmes de la blonde, il pense surement que comme on dit,  femme qui rit …

J’assiste, imperturbable, à ce petit manège. je ne dis rien mais je n’en pense pas moins : « Rira bien qui rira le dernier, gros malin.  Je suis comme toi : Born this way ! Sauf que dans ton cas c’est beaucoup trop grave : ta Connerie est incurable. »

Vous avez un document officiel? Quelque chose ? : insiste-il

-         Voilà son accréditation. Moi de toute façon, je ne bouge pas, j’attends ici jusqu’au retour de la dame : Pam lui montre brièvement la carte d’invalidité qu’elle avait dû piquer dans mon sac un peu plutôt, la « dingo ».  Comme elle me connait bien, avant de me laisser partir, elle se penche vers moi :

-         Allez fonce ma belle, pour une fois que ça sert qu’on te prenne pour un monstre, tu ne vas pas chipoter. Amuse-toi bien !

J’entre dans le studio par les coulisses, laissant le vigil, qui pour le coup a manqué de vigilance, en charmante compagnie.

Très vite je repère la loge de Gaga. Facile ! Comme dans Matrix : il suffit de « suivre le lapin blanc ». Bon, j’avoue, j’ai pas à chercher bien longtemps : les deux gorilles, postés  à sa porte, sont visibles à des kilomètres à la ronde.

Pendant que je m’approche de mon objectif « discrètement » (avec mon charre d’assaut), un jeune homme est en train de se faire refouler par le service de sécurité :

-         Nous avons ordre de ne laisser entrer personne. Madame Gaga ne souhaite pas être dérangée :) !

-         Mais enfin, nous avons débutés notre carrière en même temps… Nous fréquentons les mêmes endroits ; on s’est même recroisés à plusieurs reprises sur les plateaux télé. C’est incroyable ça ! Je suis un « artiste invité » moi aussi. Il y a longtemps que je fais de la musique j’ai juste envie de saluer ma consœur… Ok c’est bon, je n’insiste pas ! » : dit l’homme au bonnet, avant de s’éloigner.

Impressionnée par les deux armoires à glace, je décide ne rien tenter, de peur de faire éconduire à mon tour.

Lady Gaga ça sera peut-être pour la prochaine fois. J’irai prier la Madone, s’il le faut mais pour aujourd’hui, tant pis !

Avant de repartir,  je me mets en quête « des petits-coins ». C’est que je vois celui que j’identifie comme étant « le mec qui s’est fait rembarrer », il n’a plus son bonnet. Dans un petit coin, il est là, pénard, à gratter sa guitare.

Je me surprends à penser (je pense : c’est ça qui m’étonne :) ) : « ça me dit quelque chose … Je le connais cet air là ! Ayoooh ! Mais c’est Milow ! »

Je le connais pas plus que ça, en fait ; je vais voir tout de même voir s’il n’est pas trop secoué par ce qu’il vient de se passer.

Craignant de l’importuner (en plus je ne sais pas s’il parle français), je lui sors un truc du genre :

-          You don’t know … You don’t know … You don’t know anything about me. What do I  know … I  know your name. Milow ?

A mon superbe accent, celui-ci devine ma nationalité et me salue à son tour :

-         Bonjour mademoiselle.

A première vue : très sympathique le garçon ! Déjà, il ne m’a pas donné du « ma petite dame… »

-         Excusez mon intrusion, j’étais devant la loge de Lady Gaga, tout à l’heure… Tout va bien ? Oh et a propos : très jolie version de Ayo Technology (qui à mon sens n’a rien à envier à  l’originale).

-         Merci pour le compliment. Tu t’appelles comment ? Excuse-moi, je peux te tutoyer ?

-         Monica, enchantée ! Les présentations sont faites : c’est bon, tu peux me jemoyer.

 

On  reste là discuter, on a même franchement sympathisé :

-         Ecoute Monica, je vais te dire un truc : je n’ai pas peur des ouragans, je n’ai pas peur de la Corée du Nord, je n’ai pas peur d’avoir trente ans, je n’ai pas peur de la télévision, je n’ai pas peur de vieillir mais surtout je n’ai pas peur de Lady Gaga. : m’assure-t-il.

-         Tiens c’est marrant ce que tu dis là, ça ferait une chanson rigolote.

-          …

-         On ne va pas tarder à m’appeler pour mon passage télé mais un peu plus tard dans la journée, je donne un concert pas très loin d’ici, tu seras la bienvenue mon amie.

-         Ok merci, c’est gentil ! Je dois filer aussi, on m’attend.

-         A tantôt Monica ! (belgitude quand tu nous tiens).

Toujours devant la porte du studio, Pam est là, amusée par le vigile qui pagaie de toutes ses forces pour obtenir son numéro. Pamela, c’est un vieux loup de mer, elle est rodée à ces choses là. Un grand homme longiligne  les a rejoint :

-          Ah te voilà Monica ! Gaga ?

-          Non, toujours pas !

Elle me présente à l’inconnu. Etrange coïncidence, il porte lui aussi un bonnet :

-          Lui c’est mon cousin d’Amérique : Brett Dennen. Retiens son nom, il ira loin tu verras…

De retour dans la voiture, je fais mon rapport à Pam. Je lui parle des gorilles, du sympathique Milow et de son invitation.  Un peu plus tard (toujours sans Pluto), on assiste, toutes les deux, au concert de mon nouvel ami.

Que dire : Dans la salle une ambiance de folie. Sur la scène, des musiciens et un Milow  survoltés.

 

L’énergie qui émane de cette atmosphère est tellement positive, qu’au fil et à mesure des chansons, j’en ai oublié tous les petits tracas de la journée.

Je n’ai peut-être pas rencontré la star intersidérale, la reine de la Gagalaxie mais je suis sidérée par le show de Milow & co (cerise sur le gâteau, le cousin d’Amérique est sur scène lui aussi).

En plus, d’être bluffée par la prestation scénique je suis époustouflée par la simplicité et la proximité de Monsieur Milow avec le public. Des blagues, des anecdotes, ici où là…A un moment, en plein spectacle, il s’inquiète de savoir si on a eu le temps de manger. Il s’en va puis revient les bras chargés de fruits et biscuits pour une distribution générale, avant de reprendre son tour de chant.

La chanson préférée de Pamela, c’est « California rain » … Allez savoir pourquoi :)

A la fin du concert, on s’est tous retrouvé. On a même posé pour la postérité

"You & Me": Milow & Monica , le regard fixé sur un avenir radieux (très joli cliché réalisé Par Christophe R.)

 

Puis chacun a continué sa route…

Lui continue à écrire de belles chansons

Celle là je ne sais pas s’il l’a vraiment écrite pour moi (he might). On raconte que ça marche plutôt bien (rien à voir avec Dingo) pour Milow&co

Moi, j’ai dit au revoir la Pam  et j’ai repris le train.

Le voyage de retour, s’est déroulé presque sans encombre.

A l’exception, du moment où fatiguée par ma journée, j’ai l’idée d’attraper le bus pour rentrer au plus vite.

Je suis d’assez bonne humeur et heureuse d’avoir fait la connaissance de l’homme au bonnet (comme Sonny Rollins : la boucle est bouclée). Une fois à la station, je vite déchante devant le bus :

 

Et bein !!!  Si avec tout ça je ne comprends pas … Traduction : « Nan tu peux pas. T’as pas le droit. Tu montes pas. C’est interdit. On veut pas de toi. Dégage ! »

Une fois n’est pas coutume, je rentre par mes propres moyens… Histoire d’achever mon périple, je suis préoccupée par l’état de mon costume de scène.   Mon fauteuil, lui aussi, est fatigué d’avoir autant roulé. Les batteries, complètement déchargées, décident de me lâcher .

J’arrive péniblement chez moi … Pendant ce trajet interminable, une idée fixe :

« Aayooh I’m tired of using technology ! ». ;)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 Responses to Millow : Lady Gaga et Little Monica

  1. Eidyia dit :

    tu sais quoi Monica ? je t’aime !!

    et piouf, que d’aventures ! non mais les lutins, que des ab**tis !! j’espère que ce ne sont pas les mêmes qui travaillent pour le père Noël, sinon, on n’est pas dans la m……… !!!

  2. méli mélo dit :

    suis gaga! hihi de tes mésaventures Monica! (et t’es vachement mieux que la lady!)
    j’adore la petite vidéo du train!
    à la prochaine poru de nouvelles aventures!!!

    ps : suis d’accord avec toi, les gens te parlent à la troisième personne, c’est un signe de respect ça non? à la Delon? tu devrais faire pareil!
    gros bisous

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